De la souffrance au travail

I) Introduction :

Bien que la Suisse, selon le World Economic Forum, soit l’un des pays le plus productif et performant au monde, de multiples pressions oppriment les travailleurs suisses. Les acquis sociaux non seulement ne progressent plus (alors que nous n’avons jamais produit autant de richesses) mais sont actuellement remis en question (taux de conversion du deuxième pilier, augmentation de l’âge de la retraite, assurance-chômage, salaires, etc.…). Pourtant, en 2006, les bénéfices des grandes entreprises en Suisse ont atteint le chiffre record de 65 milliards de francs alors que l’on comptait près d’un million de pauvres et environ 200’000 travailleurs pauvres. En outre, la Suisse est le pays occidental où l’on travaille le plus (près de 41,5 heures par semaine et par salarié). L’analyse marxiste reste d’actualité car l’on constate toujours que l’employeur reste maître du destin des travailleurs par le fait que la capacité de travail de l’employé est achetée par le patronat et que la survie de ce dernier dépend indirectement la dictature des actionnaires (pour les entreprises cotées en bourse). L’employé n’est en effet jamais à l’abri de l’épée de Damoclès qui le menace constamment : le licenciement. Il n’a que peu de droits à faire valoir et est corvéable à merci (le taux de rendement par heure à augmenter de 15% depuis 1993). Le travail devient un privilège au lieu d’être un droit élémentaire. En fait, par les faits susmentionnés, on comprend que le capitalisme est rentré dans sa phase de destruction et de contradiction. Il crée de moins en moins d’emplois et exploite sans vergogne les travailleurs pour le bénéfice de quelques prédateurs de la finance.

Examinons maintenant quelques problèmes graves auxquels les travailleurs sont confrontés.

II) Le suicide :

Définition : acte de se tuer d’une manière habituellement consciente en prenant la mort comme unique moyen pour échapper à une situation insupportable ; on ne souhaite donc pas mourir mais mettre fin à une souffrance. Épidémiologie : en 2000 dans le monde 815’000 suicides soit un taux de 14,5 pour 100’000 habitants. En Suisse, environ 1500 suicides par an, en France 12’000 suicides par an et 150’000 tentatives.

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